Mairie de Châtillon-en-Diois

Circuit patrimonial

lundi 9 mars 2015


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Plan du Circuit patrimonial

Le circuit comprend 14 stations consacrées à l’architecture et à l’histoire du village et nous fait voyager de l’époque romaine au début du XX° siècle.

On y découvre le site du château, les vestiges des remparts, l’allure médiévale des « viols », l’intensité de la vie commerciale, agricole et industrielle au XVIII° siècle, l’organisation de la maison traditionnelle, l’église, le temple et la Mairie avec ses façades décorées, l’école et le souvenir de la gendarmerie impériale.

Le circuit a été créé par la commune en collaboration avec l’ACSPADE et la Conservation départementale du Patrimoine.

Le circuit patrimoine part du Champ de Foire près du lavoir (voir plan ci-dessus).

Visites commentées de groupes sur rendez-vous : 04.75.21.14.44


Parcours du circuit (Cliquer sur les images pour les agrandir).

Le Blason

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Ce blason, retrouvé dans les années 1960 sur une cheminée de la maison consulaire, rue des Rostangs, a été adopté comme armes de Châtillon-en-Diois. Il condense l’histoire de la baronnie de Châtillon. La partie supérieure est un rappel des armes de l’abbaye de Guignaise, située non loin du bourg, et dont il ne demeure que quelques vestiges de nos jours. La partie gauche (une tour et trois heaumes d’argent sur fond bleu) reproduit les armes de Monsieur de la Tour Gouvernet, capitaine protestant qui, vers la fin de XVI° siècle, fut gouverneur de Die et seigneur de la baronnie de Châtillon-en-Diois. Enfin, les quatre bandes rouges de la partie droite évoquent les liens de parenté qui unissaient les anciens seigneurs de Châtillon (Les Arnauds d’Aix et les prince d’Orange) avec les comtes de Provence. En 1239, Malbérionne , dame de Châtillon, apporte le seigneurie de Châtillon en dot lors de son mariage avec Raymond de Baux, prince d’Orange. Après la mort de Malbérionne en 1308, ses descendants vendent la seigneurie de Châtillon à l’évêque, comte de Die.

Les Remparts

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Les remparts
Les remparts du village sur-lesquels se sont construites des maisons.

Deux niveaux de remparts sont visibles : en haut les remparts du château, en bas les remparts du village dont les soubassements ont servi de base à des maisons. Plusieurs étapes importantes marquent leur édification.
En 1242, Isoard, seigneur de Châtillon, édifie les premières murailles avec la contribution financière des habitants. Les consuls acceptent cette charge pour mettre la population à l’abri des attaques de pillards et des conflits d’intérêt entre différents seigneurs.
En 1379, les murailles sont renforcées, rehaussées et leur tracé agrandi sur l’ordre du comte-évêque de Die.
En 1573, les remparts et le château sont démolis sur ordre du gouverneur du Dauphiné, comme ceux de Die ou de Dieulefit par crainte que les protestants ne puissent disposer des places fortes.

Pont de Baïn

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Pont de Baïn

Au Moyen Âge, l’entrée dans le bourg se fait d’abord en traversant à gué le torrent en contrebas, puis par une étroite arche de pierre. La profondeur du ravin est alors une excellente défense naturelle mais également une gêne pour la circulation des marchandises et des hommes. Le pont actuel date du XVIII° siècle avec ses accès de forme coudée. Il fut jusqu’en 1860 le seul pont sur le Baïn.

Le Château

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Montée du château

A l’époque gallo-romaine, le rocher qui domine le bourg est pourvu d’un poste de surveillance qui abrite une petite garnison. Au XIII° siècle, le fortin primitif se transforme peu à peu en castellum pour le seigneur de la baronnie avec une salle de justice, une cour fermée dont la porte ouvrait sur le côté nord. Celle-ci est le refuge des habitants et de leurs récoltes lors d’attaques de pillards, comme le précisent les différentes chartes de liberté concédées aux habitants dont la plus ancienne est celle de Malbérionne datée de 4 novembre 1285.
Entre les XIII° et XV° siècles, le château contrôlant la vallée du Bez fait de Châtillon le chef-lieu d’une vaste baronnie aux mains de puissants lignages seigneuriaux. En 1573, il est démoli, * tout comme les remparts, par ordre des gouverneurs du Dauphiné de qui dépendait l’intégralité du comté du Diois depuis 1450, par crainte que les protestants n’en fassent une place forte.
* On voit encore un reste de l’escalier qui conduisait à une poterne du château.

Eglise Saint-Nicolas

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Eglise St Nicolas

Adossée à la falaise, au pied du château, cette chapelle seigneuriale, sépulture des nobles châtillonnais, fut construite vers 1200. Du XIV° au XVII° siècle, elle assure les fonctions d’église paroissiale remplaçant le prieuré de Guignaise, situé loin du bourg. Déclarée en mauvais état dès 1549 par l’évêque de Die, elle est abandonnée en 1688 au profit de l’église Saint-Julien.
Saint-Nicolas présente un plan simple aux dimensions réduites. La voûte romane du chœur, creusée en partie dans la roche, est composée de petits moellons de calcaire et de tuf. L’emplacement de poutres dans le rocher et le reste d’une fenêtre dans l’ancien mur sud indiquent la position de la nef aujourd’hui disparue.

Rue des Rostangs

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Pesureau rue des Rostangs

La rue principale du bourg médiéval, dite rue des Rostangs, a peu changé depuis le XIII° siècle. De chaque côté de la rue, l’emplacement d’échoppes témoigne d’un commerce actif. Sur la droite, le pesureau, petit escalier de pierre permettant l’accès à l’étage d’habitation, est une construction typique de Châtillon-en-Diois. Sous le pesureau, on trouvait le pourciou (écurie à cochons).
La plupart de ces escaliers ont été supprimés au XIX° siècle lors des aménagements de voirie.
C’est au milieu du XIX° siècle qu’une percée est faite dans la rue des Rostangs pour rejoindre le champ de foire par le nouveau pont qui enjambe le fossé et qui franchit le torrent de Baïn.

La maison consulaire

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Maison consulaire

Construite en 1533, cette maison devient, à partir de 1544, le siège de l’assemblée des notables élus (consuls et syndics) qui administrent le village jusqu’à la Révolution. Sa très belle architecture voûtée a traversé les siècles sans changement.
Au rez-de-chaussée se trouve le four banal encore visible aujourd’hui. Au premier, une petite pièce pour stocker les archives et la salle de délibération des Conseils qui abrite de 1685 à 1738 la première école de Châtillon. C’est sur le manteau de la cheminée de la pièce principale que furent trouvées les armes de Châtillon. La belle fontaine, alors la seule du village, a été encastrée dans l’arche murale, au XIX° siècle, lors de l’élargissement de la rue des Rostangs.

Placette de la Concorde

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Placette de la Concorde

Unique place au chœur du village, elle accueille les foires (jeudi gras, mai, fin août, jeudi précédant la Toussaint) et le marché hebdomadaire. Depuis le XIII° siècle, on y procède également à l’élection des représentants des Châtillonnais : syndics et consuls prévus par les Chartes successives régissant les rapports entre le seigneur et les habitants. Elle est fermée, au sud, par la magnifique façade d’une vaste demeure construite sur les remparts. C’est sur cette place que le 24 juillet 1789, les Châtillonnais apprirent, en Assemblée Générale, les événements parisiens relatifs à la prise de la Bastille et décidèrent d’armer une milice. Sous la Révolution la place est alors baptisée Place de la Concorde.

Maison traditionnelle

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Maison traditionnelle
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Plan de la maison

Dans ce village très resserré, les maisons s’étagent souvent sur
5 niveaux :

  • au sous-sol, la cave à vin
  • au rez-de-chaussée, la bergerie
  • au premier et second étage, les pièces d’habitation
  • sous la toiture, le grenier

La cave à vin permettait le foulage dans une cuve accessible grâce à une échelle. Dans nombre de maisons de Châtillon-en-Diois, un ou deux niveaux de caves sont creusés pour le stockage du vin et de diverses denrées.
Le système de voûtes de la bergerie repose sur un pilier central. Outre les brebis, on pouvait y loger les chèvres, l’âne, le mulet, les volailles et dans un coin, le cochon. Les mangeoires étaient de deux types : l’auge du cochon creusée dans un bloc de pierre ou un tronc d’arbre, les râteliers pour les herbivores, claies retenant le foin ou les fagots de feuilles sèches.
La maison est desservie par un escalier intérieur en pierre, à partir du niveau de la rue, qui a remplacé, au XIX° siècle, le pesureau traditionnel.
Au premier étage, la pièce commune avec sa cheminée sert à la vie quotidienne.
Le second étage est partagé en trois pièces plafonnées : deux petites chambres avec lits et placards et un espace servant de magnanerie au printemps.
On stockait dans le grenier le foin, la paille et diverses récoltes, hissés dans un sac grossier (bourra) ou un filet (les trousses) à l’aide d’une corde passée dans une poulie en haut de l’ouverture et tirée en bas par un mulet se déplaçant dans la rue.

Tour de l’Horloge

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Tour de l’horloge, rue des Rostangs
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Tour de l’horloge

Édifiée vers 1725, la tour, devenue au fil des ans l’emblème de la commune, a été bâtie au-dessus de l’une des deux portes médiévales qui donnaient accès à Châtillon-en-Diois intra-muros. Elle comportait, dès sa construction, une horloge à une aiguille et une cloche baptisée Marie-Marguerite qui sonnait les heures. La toiture du campanile surmontée d’un système cosmogonique schématisé (alignement de la terre, du Soleil avec ses planètes et de la Lune), évoque le Siècle des Lumières et des Sciences. Au début du XX° siècle, le passage voûtée sous la tour a été élargi par suppression de l’escalier qui permettait d’accéder à cette dernière depuis la rue. La tour domine la place du Reviron, créée en 1523, où les charrettes trouvaient jadis la place de faire demi-tour.

La Mairie

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Mairie

C’est un ancien hôtel particulier construit à la fin du XVI° siècle par un compagnon d’armes du connétable de Lesdiguières, François de Philibert, seigneur de Venterol. En raison de la rareté et de la qualité de ses décors peints, les façades et la toiture sont protégées au titre des Monuments Historiques depuis février 2008. Le décor des façades présente un trompe-l’œil architectural sans doute contemporain de la construction de l’édifice : un faux appareillage de briques, souligné de rinceaux, encore lisible aujourd’hui. L’escalier intérieur présente des frises intéressantes qui rappellent les fresques extérieures. A la révocation de l’Edit de Nantes le propriétaire, issu de la noblesse protestante, se convertit et lègue à sa mort en 1709, ce bâtiment au prieur de Guignaise. En 1738 on y transfère l’école et en 1791, à la vente des biens nationaux, la communauté des habitants l’achète pour y installer la mairie.

Le Temple

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Le Temple, montée du Tricot

Le temple est construit sous la Révolution en 1792* sur l’emplacement de l’ancien temple édifié en 1610 et démoli en 1683 dans la logique de la Révocation de l’Edit de Nantes. La façade, très simple, comporte quatre fenêtres en plein cintre et un clocher-mur de facture modeste. L’accès au sanctuaire se fait par un escalier semi-circulaire. L’intérieur, constitué par une succession de voûtes d’arêtes, est sobre et dépouillé, centré sur une bible ouverte et la chaire du prédicateur.
*« An 4 de la liberté » gravé sur le linteau de la porte.

Eglise Saint-Julien

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Eglise St Julien

Construite hors les murs, entre 1688 et 1705, sur les plans de l’architecte grenoblois Dieulament elle remplace l’église Saint-Nicolas, trop exiguë pour accueillir les « nouveaux convertis » . Après un effondrement, la voûte de la nef fut reconstruite en 1745. L’église se distingue, extérieurement, par son clocher-mur et, intérieurement, par l’ampleur de son chœur qui comporte un autel baroque datant de 1751, et des stalles. Le revêtement mural présente un décor typique du XIX° siècle. Derrière l’autel, un tableau du peintre grenoblois David représente saint Julien en Louis XIV. Cette œuvre de 1705 rappelle par son iconographie que le saint est le protecteur du village et le roi, le protecteur du royaume.

Gendarmerie Impériale

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Gendarmerie Nationale Impériale

La façade de cette maison présente une curiosité. On lit, en effet, une inscription double : GENDARMERIE IMPÉRIALE (avec les aigles encore visibles) qui a été recouverte par GENDARMERIE NATIONALE en réutilisant la plupart des lettres.
Mais l’ancienne inscription est plus lisible que la nouvelle.


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